À Propos 

Les premières lames de bois modifié thermiquement ont été livrées par BMT production au FCBA (Forêt cellulose bois-construction ameublement) en septembre 2012. D'ici à la fin de l'année 2013, les résultats des tests effectués par l'organisme de contrôle de la filière bois seront délivrés.

Laurent Collignon, un des quatre associés dans l'entreprise BMT production, attend les résultats de ces tests avec confiance. Nul doute pour lui que les échantillons en sortiront classe IV, soit la meilleure certification possible, l'équivalent de bois exotiques mais avec des bois locaux, qui font travailler les scieries auboises et haut-marnaises.

Procédé Besson

Le principe peut paraître simple mais la mise en œuvre nécessite une expertise industrielle que possède la société ST2B, originaire de l'Ain, et qui fabrique les fours à atmosphère contrôlée qui permettent « un début de torréfaction » du bois. Le procédé utilisé, dit procédé Besson, permet de traiter en 24 heures un bois sec, en le faisant cuire dans un milieu pauvre en oxygène avec des cycles de montée en température qui « varient en fonction des essences de bois et des épaisseurs ». Ce traitement augmente « la durabilité du bois et la protection contre les champignons et les insectes », il permet aussi de le « stabiliser en dimensions ».
En d'autres termes, le bois modifié thermiquement « ne bouge quasiment plus en fonction des variations d'humidité et de température ».
Des essences locales, chêne, peuplier, hêtre, frêne, en viennent ainsi à afficher des performances similaires à celles de bois exotiques, comme l'okumé africain. « Dans le temps, les agriculteurs brûlaient leurs poteaux pour en augmenter la durabilité, » continue Alain Collignon ; il ne s'agit somme toute que de la version high-tech d'une coutume ancestrale. Une fois traité, le bois n'est pas destiné à de la structure mais aux bardages, aux terrasses et aux lambris intérieurs. Des essais sont en cours pour « faire des volets ». La clientèle consiste principalement en négociants bois et en piscinistes.
Après un démarrage un peu compliqué par des soucis d'installation électrique (un seul four avait pu être démarré en octobre), l'entreprise fonctionne aujourd'hui normalement.

850 000 € de chiffre d'affaires dans trois ans

Les quatre associés (scierie Collignon, scierie Pageot, le négociant de bois Dumoulin et le créateur des fours ST2B) ont investi dans les lignes de finition (usinage, profilage et rainurage) et 60 000 € de plus dans un réseau d'aspiration des poussières complet pour le bâtiment. Le prochain achat sera pour un séchoir à bois.
Aujourd'hui, trois personnes sont employées à l'entreprise de Ville-sous-la-Ferté mais, « dans les trois ans », Alain Collignon projette d'employer « huit personnes de plus ».
Si la prévision de chiffre d'affaires pour 2013 (650 000 €) ne sera pas atteinte à cause du démarrage tardif de l'activité, dans les trois ans, le prévisionnel est de 850 000 €. « On sait qu'on doit démarrer par de la prestation de service mais l'objectif est de réussir à vendre un produit fini », conclut Alain Collignon. Une bonne manière de déplacer les marges pour les augmenter.